[We are here, we are queer]

La queerité ne peut jamais définir une identité ; elle ne peut que l’inquiéter

Lee Edelman, L’impossible homosexuel, Huit essais de théories queer

« We are here, we are queer » est un projet d’expositions annuelles sur la notion de queer. Ces temps d’expositions et de discussions sont vus comme des lieux d’échanges de savoirs et de vécus queer où nous pourrons questionner notre rapport à ce terme, à l’idée de communauté et de luttes. La notion de queer est trop vaste pour être étudiée en une seule exposition. Chaque année, nous nous arrêterons sur une notion, un moment historique, un groupe, et nous tâcherons d’en approfondir sa définition, ses représentations et sa place dans notre quotidienneté.

La première exposition se centre sur la culture drag. Ce choix, subjectif, s’est fait en rapport avec mes axes de recherche sur les représentations du genre en histoire de l’art contemporain et le contexte local palois. Le travestissement de genre est, initialement, l’une des possibilités englobées par le terme travestissement, une possibilité qui, au travers des siècles, devient la première, voire l’unique représentation de cette pratique. Cette pratique a été rapproché de l’homosexualité, et avec elle, elle fut stigmatisé et psychiatrisée. Si aujourd’hui le travestissement n’est plus considéré comme une perversion, il est toujours réprouvé. En effet, au sein de la société patriarcale il n’est pas autorisé de troubler l’ordre cishétéronormatif.

La culture drag profite actuellement d’un renouveau, grâce ou à cause de la diffusion de RuPaul’s Drag Race sur VH1 et surtout sur la plateforme Netflix. L’influence de ce TV-show sur la communauté drag et sur l’appréhension qu’en ont les personnes extérieures sera d’ailleurs abordée.

Les questions autour de la culture drag sont nombreuses, notamment autour du choix des expressions de genre empruntées. Est-ce qu’incarner, pour une queen, un personnage ultra féminin est une subversion ou une ré-affirmation des stéréotypes de genre ? Quelle place pour les drag kings ? À quelle histoire du travestissement font-iels appel ? Est-ce qu’il y a une (re)connaissance de ce passé ? Quelle place prennent les drag dans « la communauté queer » ? Une autre question sous-tend celles-ci : quelles frontières entre le divertissement subversif et les luttes politiques ? Peut-on imaginer un lien entre les deux, et si oui, peut-il être incarner par des drag ?

L’exposition « We are here, we are queer » sera le moment de poser ces questions, et d’essayer de faire avancer une réflexion autour d’elles. Le contenu de l’exposition sera mis en ligne afin de permettre un partage du savoir et un archivage des débats. Elle se tiendra à l’université de Pau, entre le 18 et le 22 mars 2019. Ce projet a été conçu pour être itinérant, et donc je serais attentive aux invitations qui me seront envoyées.

Photographie par Morgane Golfier (instagram : @ohimg, modèle : Maryposa)

Commissariat d’exposition : Marion Cazaux

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