Vivienne Westwood : rest in power

30/12/22

Vivienne Westwood nous a quitté hier à l’âge de 81 ans.
L’an dernier elle fêtait ses 50 ans de carrière, je propose de revenir sur plusieurs temps forts afin de mieux connaître cette artiste de la mode.

Née Vivienne Swire (16/04/41), elle quitte à 17 ans sa région natale, le comté de Derbyshire. Elle rejoint Londres afin d’étudier la mode. Elle prend le nom de son premier conjoint avec qui elle reste quatre ans. Mais c’est la rencontre avec Malcolm McLaren qui sera essentielle, tant pour elle que pour lui. Au début des années 1970 iels ouvrent une boutique au 430 King’s Road où l’on peut trouver des vêtements androgynes, du BDSM, des tissus déchirés et un jukebox. McLaren est manager des Sex Pistols et de New York Dolls qui vont porter les créations de Vivienne Westwood. En signant son iconique t-shirt avec la visage de la reine Elizabeth II, elle ancre sa marque dans le mouvement punk. À chaque nouvelle collection, elle change le nom de la boutique pour l’y associer.

C’est le début de sa carrière dans la haute couture, elle défile en suivant à Paris : ce n’est alors que la deuxième femme britannique à le faire, après Mary Quant. En 1984, elle présente sa collection à Tokyo aux côtés de Hanae Mori, Calvin Klein, Claude Montana et Gianfranco Ferre lors du Best of five. Deux ans après, elle étudie les textiles et coupes traditionnellement utilisés en Angleterre pour sa collection aux ambiances 17/18e siècles.
Son premier défilé à Londres se déroule en 1982 et s’intitule « Pirates ». Les mannequins défilent avec des dents en or et des walkmans aux oreilles, sur de la musique dite ethnique.

1989 : une année très spéciale. Elle enseigne à l’académie de mode de Vienne lorsqu’elle rencontre Andreas Kronthaler, de 25 ans son cadet, avec qui elle va travailler et se marier. C’est avec lui qu’elle présente en 1990 sa première collection entièrement masculine, au Pitti Uomo à Florence. Westwood a toujours présenté des tenues masculines lors de ses défilés, mais ne leur avait jamais dédié un défilé entier.

En 1992 elle est faite officier de l’Empire britannique, ce qui peut paraître paradoxal par rapport à son héritage punk. Elle est malgré tout photographiée à la sortie de Buckingham Palace, faisant tournoyer sa robe et laissant voir son collant chair sans sous-vêtement. Cette petite provocation sera tout de même bien relayée par la presse à scandale.

Westwood garde un lien avec le petit et grand écran en signant la robe de mariage de Sarah Jessica Parker ou en choisissant Pamela Anderson comme égérie de sa collection printemps-été 2009.

Elle reçoit au cours de sa carrière une multitude de prix comme : Elle Style, Outstanding Achievement in Fashion, British designer of the year (deux années de suite). En entrant dans les années 2000, la carrière de Vivienne Westwood est déjà au sommet et le Victoria & Albert Museum lui organise donc une exposition itinérante en 2004.
En 2016, elle cède la direction artistique de sa griffe à son conjoint Andreas Kronthaler avec qui elle travaillait déjà depuis plusieurs années.
Elle se consacre à d’autres projets, comme sa biographie qui lui a été souvent réclamé. Elle l’écrit avec son ami Ian Kelly. Lors d’une interview au Monde elle déclare :
« Parler de ma vie ne m’intéresse pas. Le seul sujet qui compte pour moi est l’effroyable menace que représente le changement climatique »
Vivienne Westwood se servait régulièrement de sa popularité et de ses défilés pour prendre position politiquement comme en 2012 où elle soutient officiellement Greenpeace dans sa campagne Save the artic ou en 2014 où elle se prononce pour l’indépendance de l’Écosse à l’occasion du referendum.

La cause écologique est vite devenue un fer de lance de la créatrice, notamment avec son opération « réduire, réutiliser, repenser » où elle décide de créer à partir de chutes de tissus et d’invendus. En 2008 elle présent sa ligne Red à Londres et appelle l’industrie de la mode à prendre en compte le réchauffement climatique dans leur appréhension de la mode. On la retrouve en 2018 à une manifestation contre l’exploitation des gaz de schistes, scandant des slogans devant la Cour royale de justice à Londres.

Un autre de ses combats est la libération de Julian Assange (WikiLeaks). Elle dénonce lors d’un de ses défilés « la corruption du gouvernement et la mort de la justice » (2019). Un an plus tard, elle s’enferme dans une cage-prison géante devant un tribunal londonien pour protester contre son extradition.

Nous finirons sur la déclaration de son mari, Andres Kronthaler :

« Je continuerai avec Vivienne dans mon cœur. Nous avons travaillé jusqu’au bout et elle m’a donné beaucoup de choses à poursuivre. Merci, ma chérie »

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