Colloque « Arts, Cultures et Activismes LGBTI et queer »

Initialement prévu à Metz, ce colloque a été maintenu, malgré le covid19, grâce au travail acharné de ses deux organisatrices Louise Barrière et Mélodie Marull. Vous pouvez retrouver le programme entier ici [x]. Le format numérique permet une plus grande audience et une consultation sur la durée de nos conférences et la connaissance de notre travail.

J’ai eu la chance d’être sélectionné pour participer au panel 2 « Corporéité et création artistique », où j’ai présenté mon intervention intitulée « Pratiques performatives et expérimentations identitaires : une politisation du corps », dont voici le résumé :

« Dans cette communication nous nous proposons d’aborder en premier lieu les autoportraits travestis réalisés au vingtième siècle afin de poser un cadre à notre discours, mais aussi de nous positionner face aux relectures des corpus antérieurs aux théories et vocabulaires queers. Nous proposons de traiter d’artistes tel·les que Claude Cahun, Luciano Castelli, Pierre Molinier. Claude Cahun par exemple a eu une pratique de l’autoportrait singulière, ou passant d’un genre à l’autre, rien ne paraissait naturel, tout était joué ; nous pourrions presque le considérer comme du proto-drag.

Dans un second temps nous nous concentrerons sur les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence qui oscillent entre performance artistique et action politique. Elles traversent le temps en demeurant fidèles à leurs premiers combats comme la prévention contre le sida et la défense de la communauté. Nous pourrons interroger leur pratique entre politique et drag, entre quotidienneté et spectacularisation.

Enfin, nous finirons sur la pratique performative queer actuelle, qui est diverse et exponentielle.

Nous retrouvons des artistes performant en centres d’art, comme Steven Cohen ou Sasha Velour, et des artistes préférant les lieux alternatifs comme la plupart des artistes drag (Aaliyah Xpress, Jeanne d’Abus, etc). Le drag permet dans la scène actuelle de revendiquer une sortie du placard spectaculaire, nous pourrions même dire une spectacularisation de la sortie du placard. Les artistes drag deviennent des sortes de symboles de la communauté queer, qui se rencontrent lors des shows.

Chacun·e a leur manière expérimente les possibilités corporelles et identitaires politiques, queer, revendicatives. Il s’agirait ici d’étudier les lieux d’activités de ces artistes, et donc leurs lieux de militantisme.

Par les décennies les messages, derrière la pratique du travestissement, se sont affinés et multipliés, tout comme le nombre de leurs pratiquant·es. Cette pluralité permet d’y rencontrer des corporéités militantes, des expérimentations, des stratégies politiques que nous tentons d’étudier. »

 

Si vous souhaitez voir la vidéo entière de mon intervention je vous invite à suivre ce lien [x].

 

La crise du covid19 a bloqué toutes mes autres interventions et expositions, mais je suis ravie du parti pris de l’organisation de ce colloque : les outils numériques nous permettent en effet de ne pas mettre à l’arrêt la recherche et sa valorisation. Nos discussions et notre travail ne s’est pas arrêté pendant cette pandémie, malgré les conditions précaires et complexes pour les doctorant-es et chercheur-euses salarié-es en dehors de l’ESR.

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